#TwicteeASH: Expérimentation adaptative all inclusive

 

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Pour la première fois depuis plus de 15 ans, je redécouvre les apprentis lecteurs et scripteurs en cette année scolaire 2016-2017 suite à des années passées auprès d’adolescents d’un niveau fin primaire-début collège. Un sacré défi personnel alors que je décide de mettre la Twictee à l’honneur dans cette classe quelque peu spéciale.

Ils sont donc 6, répartis en 2 groupes de 3, respectivement évoluant en team CP et team C2.

Les plombiers ont eu l’excellente idée de nous associer à la même classe miroir pour les 2 teams. Je les en remercie.

Premier écueil: le nombre : 3 ! L’émergence d’argumentations attendues semblent de prime abord peu évidente en termes de foisonnement cognitif et collaboratif lors de la phase de négociation, mais aussi lors de la rédaction des twoutils.

Deuxième écueil: la disponibilité psychique. Ces enfants ne peuvent ni tenir plus de 60 min  par jour dans l’espace classe (d’autres espaces coexistent permettant ainsi de diffracter les interactions et de créer d’autres émulations tels que l’atelier manuel ou le lieu de vie groupal), ni rester plus de 10 min sur une même activité. (J’alterne tous les modes de travail pour tenter de les maintenir actifs et acteurs de leurs apprentissages, certains sont ainsi passés de 5 min  à presque 1h15 de présence physique au bout de 8 semaines, et ce sans sortir de l’espace classe. Actuellement, plus aucun enfant ne sort de manière intempestive…)

Troisième écueil: les twictées reçues: si une classe scribe vous envoie 8 twictées non négociées, non caviardées, du brut de pomme, il s’agira alors de rédiger une quantité astronomique de Twoutils ! Mission impossible pour une première twictée et j’interroge alors le sens de l’activité proprement dite. Le problème s’amplifie si on a 2 classes scribes puisque 2 teams à gérer.

Quatrième écueil: jongler sur 2 teams, et ce sur un temps restreint.

Cinquième écueil: la découverte d’un dispositif plus que révolutionnaire qui chamboule ce qu’ils connaissent de la dictée.

Et pourtant! Comment ont-ils réussi à rentrer dans leur première twictee? Et pourquoi la redemandent-ils?

Il s’agit tout d’abord de construire des séances pédagogiques différenciées, personnalisées et individualisées, de mettre en place une phase d’enrôlement suffisamment bonne, si je puis oser revisiter Winnicott à ma manière, puis de dévoluer les consignes avec grande souplesse et dans une adaptation des modes et contenus les plus adéquats sur un temps limité. Tout est affaire d’observations et de lâcher prise sur le temps de classe quand la surcharge cognitive pointe le bout de son nez ou que les regards deviennent trop intrusifs. Tout peut exploser en un dixième de seconde. Vous pouvez dire alors adieu à toute reprise de l’activité en cours.

J’ai procédé de la même manière pour les 2 teams, l’une après l’autre (avant récrée et après récrée), à savoir:

1ère séance: la Twictee individuelle

  • Enregistrement en amont de la Twictée en version audio, déposé sur le compte Evernote de la classe.
  • Ecoute  de la Twictee individuelle les uns après les autres et rédaction sur Evernote en ma présence. Pour une des élèves, j’ai procédé par une Twictee à l’adulte car toucher le clavier était trop confrontant. L’étayage est massif.
  • Caviardage au fur et à mesure par un entretien d’explicitation et par une recherche dans les ressources de la classe pour assurer une contenance psychique.

 

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2ème séance: Négociation

  • Projection des Twictées individuelles avec surlignage au préalable de certaines erreurs  grâce au surligneur d’Evernote: je procède ainsi au 2ème caviardage. La phase la plus périlleuse est à son apogée: 2 élèves sont debout face au tableau et compare mot à mot les propositions quand le 3ème écrit leur choix orthographique à mon bureau sur Evernote. Il s’agit de s’assurer constamment que chaque élève ne joue pas avec le tableau (ça monte, ça descend… ), ne joue pas avec la mollette de mise au point du vidéoprojecteur ( ohhh c’est tout flou…) ou n’écrit pas des mots très étranges car le clavier « c’est super chouette, on peut écrire n’importe quoi », « ohhh on peut même rajouter des couleurs…  » oui oui… ok…. On n’est pas sorti des ronces… 😉
  • Ils ont la possibilité d’aller consulter un répertoire collectif de mots et d’expressions avec pictogrammes. L’aide n’est pas négligeable… « c’est moi qui regarde, non c’est moi.. si c est comme ça je te pète la g…… » Grand moment de solitude… « une petite coupure en musique pour se calmer et on y retourne? « 
  • La discussion est vive, étoffée d’insultes imagées, mais ils parviennent tout de même à se comprendre sans utiliser le langage de la violence car ils connaissent l’enjeu : une classe ou un élève de l’autre côté de la frontière attend leur Twictée négociée. Ouf…

Séances parallèles:  Capsules vidéo

Afin que les familles, les éducateurs de l’internat et les élèves puissent comprendre aussi le processus et partager avec leur enfant, j’ai réalisé une série de capsules explicitant le dispositif et reliant la Twictée au travail effectué en classe en orthographe lexicale, conscience phonologique et orthographe grammaticale. Elles ont été intégrées au Travail Personnel non obligatoire que chaque enfant colle dans son agenda en début de semaine, et ce sous forme de QR Code. Ceux-ci se retrouvent sur un affichage en classe et dans un carnet Evernote.

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Les capsules ont été reprises sur le temps de classe en collectif ou en individuel pour m’assurer 1) de leur compréhension  et 2) pour les mettre réellement en activité telle qu’un jeu d’exemples tirés du quotidien. J’ai réalisé en quelque sorte une #miniTwictee2Chauffe version élèves. Je vous passe le nombre de fois où j’ai du sauver le vidéoprojecteur, reposer le cadre, contenir une main qui montait trop haut, jouer le rôle d’un vampire pour entrer en communication avec une élève, prendre sur mes genoux une autre ou encore faire des massages pour pouvoir avancer sereinement… (euh c’est toute la journée ainsi, rien à voir avec la twictee elle-même)

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Les sons a et i

4ème séance: Réception des Twoutils de la classe miroir

  • Affichage au vidéoprojecteur des Twoutils par une capture écran intégrée à des notes Evernote individuelles.
  • Correction de la Twictée négociée les uns après les autres dans leur carnet car les interactions en contexte étaient trop complexes. Le climat était extrêmement tendu, ils ne pouvaient travailler ensemble ce jour là.

Nous avons remercié la classe miroir ensemble le lendemain.

5ème séance: Correction collective des 2 Twictées négociées et introduction des balises.

J’ai pris la décision de reprendre la Twictée négociée, pour chaque team, corrigée la veille et d’y adjoindre les balises sous forme de pictogrammes créés par Laetitia de la team CP et par moi même pour ne pas les figer dans un format spécifique. Toutes les pictobalises sont plastifiées et aimantées pour les placer  au tableau en lien avec chaque erreur.

Ils avaient visionné au préalable à la maison et en classe des capsules vidéo présentant quelques balises, les plus pertinentes en lien avec leurs erreurs.  La catégorisation a pu ainsi prendre forme doucement selon une pédagogie inversée.

 

Construire un Twoutil

Le Dicobalise

6ème séance: Réception des Twictées des classes scribes.

Au vue du nombre effarant de Twoutils à créer pour une des teams (cf plus haut), j’ai décidé qu’ils choisiraient 3 erreurs à twoutiller. La classe scribe en a été informée. En aucun cas, je ne pouvais les placer en situation d’échec alors qu’ils n’avaient jamais produit de twoutils et qu’ils venaient tout juste de découvrir les balises.

C’est pourquoi j’en viens à intégrer l’Inclusif Design dans mon process. (Merci @profdys alias Nicolas Rallet pour cette source.)

Intégrer l’Inclusive Design, c’est surtout tenter d’effacer tous les biais de conception et être animé par une grande empathie. C’est considérer les personnes telles qu’elles le sont réellement et non pas telles que l’on peut les connaître ou les imaginer.

Le but est de respecter ces 10 principes que j’ai adaptés au contexte scolaire:

1 – être équitable et essayer de ne pas discriminer les élèves dans mon design

2 – être flexible et proposer plusieurs options d’utilisation (tableau blanc aimanté, note Evernote, feuille-papier-crayon…)

3 – être direct et non ambigu, amener de la valeur et pas de la complexité

4 – être simple et clair, avoir une structure et un contenu qui a du sens

5 – être informatif et s’assurer que les élèves trouvent ce qu’ils cherchent

6 – être préventif et guider l’élève tout au long de son parcours et de ses différentes utilisations
7 – être tolérant et indiquer précisément le pourquoi du comment des erreurs

8 – être sans efforts et éviter les restrictions

9 – être accommodant, épuré et discret

10 – être cohérent en suivant des standards, des guidelines et des bonnes pratiques

sources: http://newflux.fr/2016/09/28/quest-ce-que-linclusive-design/

J’ai caviardé 3 twictées de cette classe scribe pour faire ressortir seulement une erreur twoutillable par twictée. Etant surlignée sur Evernote, l’erreur leur apparait avec une clarté évidente et ils ont seulement à se focaliser  sur l’argumentation puis sur la catégorisation et ainsi créer le twoutil canonique qui est vidéoprojeté.

 

La connaissance des pictobalises travaillées précédemment facilitent ainsi la recherche, ils aimantent leur balise de manière aisée. Reste à prendre en photo le tableau avec le twoutil et à le twitter à la classe scribe.

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Certains ont demandé à rédiger directement le twoutil sur Twitter en recopiant la capture tableau.
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7ème séance: La Twictée de transfert

J’ai opté pour un cadre différent: pas de Twictee de transfert pour une première fois, mais j’ai utilisé les twictées dans un contexte de copie manuscrite, activité ritualisée au quotidien et qu’ils affectionnent car le format est stable et non confrontant. Encore une fois, il s’agit de s’adapter à leurs difficultés… Nous aurons tout le temps à travers les prochains épisodes d’y revenir.

A sa demande, une élève a souhaité produire une phrase libre dont j’ai surligné les erreurs, puis elle a cherché les balises correspondantes. Que souhaiter de mieux? La MNLE chère à Freinet coexiste ainsi avec le dispositif de la Twictee. J’en suis ravie.

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Conclusion: cette première entrée en Twictee fut complexe car il m’a fallu repenser tout un dispositif, que pourtant je maîtrisais auparavant, pour ce public très particulier. Mais leur présence a été effective malgré leurs angoisses respectives du jour, leur communication déficiente et leur crainte massive d’abandon. Rien n’est gagné certes. Pourtant, le prochain épisode est attendu. Ils l’ont verbalisé.  Pour ce faire, je dois avancer  doucement, sans les brusquer, sans les braquer, à pas de fourmis. L’enjeu du rapport au savoir orthographique est indéniable mais plus encore le rapport au savoir en lien avec un travail autour des compétences sociales. Peut être ce dispositif leur permettra t-il d’accéder à l’Autre ? La réponse dans un prochain épisode….

 

Livrets de compétences badgées

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Les formats des référentiels de compétences sont identiques pour tous les livrets expérimentaux proposés, dans un souci de clarté cognitive et de ritualisation. Un format stable comme l’aiment à dire Cèbe et Goigoux.

Vous pouvez insérer ces référentiels dans chaque carnet Evernote® des élèves en PDF. Ils sont alors modifiables grâce à l’application intégrée skitch d’Evernote. L’élève pourra ainsi le compléter au fur et à mesure des billets de blog ou des chroniques ou des émissions radio créés, avec la souplesse de pouvoir revenir quand il le souhaite à des couleurs ( ceintures) adaptées à ses compétences du moment.

Si vous avez opté pour un emploi du temps que l’élève se crée en début de semaine et qu’il peut modifier en fonction des impératifs en lien avec la dynamique des projets de classe, celui ci peut proposer des plages de travail individuel ou collectif ainsi que des plages spécifiques pour l’écriture et la mise au point des productions écrite ou orales.

Le tableau étant à double entrée, ils peuvent  parfaitement avoir une ceinture bleue lors d’une émission de radio et ne pas l’avoir  lors d’une autre. Cela n’est absolument pas dérangeant,  car s’il s’agit d’élèves à besoins particuliers, c’est à nous enseignant de nous adapter à leurs difficultés, pas à eux.

Vous pouvez aussi imprimer ces référentiels et les placer dans des portes- vues individuels qu’ils rempliront au fur et à mesure de l’année et des productions. Pensez à consacrer suffisamment de temps à cette phase très chronophage, mais impérative pour effectuer un rétrocontrôle efficient. L’élève se doit aussi d’avoir accès à ces référentiels à chaque étape de la production afin de repérer les compétences à travailler.



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Billet publié pour la première fois en novembre 2014. Dernière MAJ le 31 janvier 2016.

crédits photo : ©cavaoubien

 

 

Les badges ne sont pas des bonbons.

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by ca-va-ou-bien ©canva



Vous vous rappelez d’Animal Crossing? Que cela soit sur DS® ou la Wii®, nous pouvions réaliser des collections fabuleuses. J’étais la reine des pommes et des poires! Les objectifs étaient simples: plus tu récoltais, plus tu obtenais de trophées. Ensuite, tu pouvais acheter des objets pour améliorer ton équipement. Rien n’a changé aujourd’hui. Dans Tomb Raider®, Lara Croft casse des pots de terre et récolte des pierres précieuses. Dans Assassin’s Creed®, Connor Kennway s’évertue à attraper des parchemins qui volent ou pille des nids pour collectionner des trésors. Ludique, motivant.

Les objectifs sont connus dès le départ, et c’est bien là que se joue la subtilité du système de la badgeothèque, créée sur Credly® et sur Canva® au fur et à mesure, en lien avec une plateforme Evernote® qui regroupent des ressources pour lea apprenants, les livrets de compétences des élèves, les projets de la classe, les tâches numériques à domicile… bref un véritable cartable numérique, portfolio et espace numérique de travail. Les badges sont les marqueurs d’un parcours individualisé et personnalisé d’une réalisation (achievement) de tâches (tasks)  critériées, objectives, connues et choisies par les élèves à partir d’une compétence donnée. Ils ne sont en aucune façon lié à l’individu mais liés à ses tâches d’apprentissage. Ils sont le reflet d’un sujet qui tend vers une autonomisation de ses apprentissages guidé et accompagné par l’enseignant au sein d’un système pluriel et singulier, ses pairs.

Les badges ne sont donc ni des récompenses, ni des bons points obtenus au nom du sacro saint mérite, polluant toxique de notre système malheureusement encore d’actualité. Ils ne peuvent être le pourcentage de réussite et donc d’erreurs d’une évaluation sans avoir tenu compte des corrections et des progrès dans l’après coup. Ils ne peuvent être réclamés tels des bonbons sous la gouvernance toute puissante de l’enseignant.

La pédagogie institutionnelle telle que Fernand Oury la définit est marquée du sceau des 3 axes du trépied: Matérialisme, Groupe et Inconscient.

Cette pédagogie est tout d’abord institutionnelle, à savoir dynamique et non établie, dans le sens où l’institution est  une « institution de systèmes de médiation dans lesquels les personnes ne sont plus simplement face à face, mais parlant de quelque chose qui existe et œuvrant sur quelque chose qui existe en dehors d’eux et dont ils sont responsables. »

L’axe Matérialisme est tangible grâce à des outils issus des pratiques Freinet, dont les ceintures amenées par Oury qui vont affiner et complexifier le dispositif déjà très élaboré (matériel autocorrectif, imprimerie, journal etc…)

Il s’agit pour Oury de prendre en compte l’hétérogénéité de la classe et de fournir à chaque élève la possibilité d’un repérage efficace de ses compétences et des progressions possibles.

 

Mais ce codage permet aussi un dialogue avec d’autres institutions de la classe tel que le conseil. Entre en jeu le 2ème axe du trépied: le Groupe. « Si tel élève exerce tel rôle à tel moment, ce n’est pas dû au seul bon vouloir du maître mais à la relation entre des compétences en partie au moins objectivables et un pouvoir ou une place disponibles. » (extrait de notes en séance de PI)

L’axe Groupe est en lien avec les réflexions psychanalytiques de Bion dont Oury va s’emparer. Plus récemment, les travaux d’Anzieu sur la dynamique des groupes au travail constitueront un apport indéniable au niveau de la dimension groupale de la classe institutionnelle. Les badges sont une institution qui permet d’intervenir sur l’évolution des prises de responsabilités au sein des groupes et des individus et qui clarifie les attentes et les contraintes auxquels chacun est soumis.

Le 3ème axe du trépied concerne l’Inconscient.  » Reconnu ou nié, l’inconscient est dans la classe et parle. Mieux vaut l’entendre que le subir  » (Aïda Vasquez, Fernand Oury). Il s’agit d’entendre les transferts et contre transferts qui se jouent au sein de la classe. Je vous renvoie à Imbert et à son ouvrage culte.

Un badge est ainsi la représentation symbolique d’un niveau de maîtrise correspondant à un ensemble de compétences identifiées. Vous y adjoignez soit une couleur comme pour les ceintures, soit une quantité différente d’étoiles, de chevrons ou encore un stade. Chacun y va de sa créativité.

Mais il est clair que les intentions éducatives de l’emploi de badges ou de ceintures sont extrêmement variées. Sylvain Connac précise qu’ « il s’agit tout d’abord de permettre à l’enseignant de tenir compte des connaissances initiales mobilisées par les élèves tout en faisant de l’hétérogénéité du groupe un facteur d’apprentissage plus qu’un frein aux évolutions. En d’autres termes, les ceintures tendent à ce que chaque enfant, dans un groupe, puisse être pris en considération quels que soient ses connaissances, ses compétences et son profil d’apprentissage. »

Il s’agit ensuite de permettre aux enfants d’entrer dans des activités qui correspondent à ce qu’ils sont en mesure d’entreprendre (autrement dit la ZPD chère à Vygotsky). Lorsqu’un enfant s’entraîne pour l’obtention d’un badge, il tente la maîtrise de compétences ni trop simples, ni trop complexes au regard du son niveau actuel.

Enfin, l’obtention des badges ne peut se faire seul sous le regard de l’enseignant en cas de difficultés. C’est bien au sein du groupe que des stratégies vont se développer. Une entraide, un partenariat pour le bien commun de chacun et de tous. Nous sommes dans des apprentissages coopératifs. Un élève qui travaille une compétence jaune ira chercher de l’aide chez un élève élaborant son parcours de compétences bleues par exemple. Un même élève développera des compétences correspondant à des badges de différentes couleurs dans des domaines aussi divers que multiples. Son parcours est un patrimoine génétique unique tel son ADN. Il lui est propre et personne ne peut lui retirer. Cela signifie qu’un badge ne peut être enlevé à un élève.

Pour conclure, la compétition et la course aux badges sont l’antithèse de la pédagogie institutionnelle coopérative.

Il existe de nombreux groupes en France permettant de se former aux pédagogies coopératives. Toute personne souhaitant la mise en oeuvre de tels dispositifs se doit de travailler en équipe pour élaborer, penser une pédagogie institutionnelle, c’est un invariant, et ce suite aux retours d’expériences vécus, lus ou entendus.

Bibliographie:

Anzieu Didier, Le groupe et l’inconscient, Paris, Dunod, 3ème éd., 1999

Imbert Francis, L’inconscient dans la classe, Paris, ESF, 1996.

Oury Fernand, Vasquez Aïda (1967). Vers une pédagogie institutionnelle,
Paris, Maspéro.
Oury Fernand, Vasquez Aïda (1971). De la classe coopérative à la pédagogie institutionnelle, Paris, Maspéro..
Pain Jacques, Oury Fernand, (1972). Chronique de l’école-caserne, Paris, Maspéro.
Pochet Catherine, Oury Fernand, (1979). Qui c’est l’Conseil ?, Paris,
Maspéro.
Pochet Catherine, Oury Fernand, Oury Jean (1986), L’année dernière,
j’étais mort (Miloud), Vigneux, Editions Matrice.