transmedia

by ca-va-ou-bien ©canva

De nombreuses interrogations quant au concept de Transmedia relaté par Ghislain Dominé au cours d’un hangout me taraudait. Parallèlement, un article de Jean-Paul Moiraud ne cessait de m’interpeller à propos des ateliers Lego® qu’il tente de mettre en place dans un cadre de formation universitaire.

Le transmedia articule un univers narratif original sur différents médias. Cet univers est diffusé sur différents supports (TV, Internet, smartphones, radio, édition, tablette, street art, etc.) qui apportent, grâce à leur spécificité d’usage et leur capacité technologique, un regard complémentaire sur l’histoire.

L’utilisation de personnages symboliques tels les Lego® ( eux-mêmes au centre d’une formidable campagne de marketing transmédiatique lors de la sortie du film en février 2014 ) ou les Playmobils® permettent de créer un maquettage et une scénarisation des plus vivants mettant à distance les élèves. C’est cet aspect original qui m’intéresse particulièrement dans une intention pédagogique et didactique en lien avec un projet webradio.

playmobils

@ca-va-ou-bien

Deux objectifs sont visés:

Créer le fil conducteur d’une émission de radio  suite à un défi majeur. En effet,  il est parfois complexe de placer les chroniques en fonction du nombre de micros. Trop de paramètres rentrent en jeu: les déplacements à l’intérieur du studio puisque certains élèves peuvent être à la fois animateurs et chroniqueurs, les entrées et sorties du studio qui demandent alors des temps off suffisamment longs.

Aussi ai-je pensé au maquettage pensé par Moiraud. Utilisons des Playmobils® pour penser la scène, et qui plus est, des Playmobils qui puissent leur ressembler afin de se les approprier. « La main est une formidable porte ouverte sur l’esprit » nous dit Kant ( cité par JP Moiraud). Je ne peux qu’approuver cette phrase: un atelier en parallèle d’une classe est au service et soutien des apprentissages quotidiens d’élèves élèves,  ceux pour qui l’abstraction est source de difficultés majeures.

Créer une narration transmédiatique de ce que les élèves produisent. Un projet webradio est  un des moteurs et outils d’accès à la communication d’élèves à besoins particuliers. Chaque chronique est propre aux motivations intrasèques des élèves, ils la proposent, la choisissent, la pensent, la rédigent, la travaillent et l’enregistrent. Mais quel impact ont ces chroniques sur les auditeurs? Comment les mettre en valeur? Comment les déployer selon différents focus, sous différents angles? Une première réponse peut être apportée en publiant les chroniques sur un blog de classe. La production écrite d’une chronique n’a rien à voir avec une production écrite d’un article. Les codes ne sont pas les mêmes. Une deuxième réponse est apportée par la publication des articles de blogs sur le réseau social Twitter. De même, le blog peut comporter une rubrique sur l’actualité des twittclasses, diffusée aussi sur la radio sous forme de synthèse.

La différence avec un projet transmédiatique classique est qu’il ne s’agit pas de « vendre » quoi ce que ce soit. Par contre, et c’est tout l’intérêt au niveau pédagogique, l’intention est de travailler une oeuvre sous différents aspects en utilisant les médias interactifs et les nouvelles technologies de l’information et de la communication dans le but d’être lu, écouté et vu. Aussi le défi est maintenant de trouver comment créer un enrichissement des oeuvres en vue d’une participation plus active et un engagement plus profond de la part des publics visés.

Les Playmobils® peuvent être une réponse. Imaginons que ces personnages deviennent les héros d’une histoire collaborative inventée par les élèves, que cette histoire retrace la vie quotidienne des élèves ou que ces petits bonhommes parcourent le monde actuel ou un morceau de  l’Histoire ou bien qu’ils tentent des expériences scientifiques… Chaque découverte, retranscris en termes de  savoir, savoirs être, savoir faire, chaque brique des apprentissages, pourrait être l’apanage d’un ou plusieurs protagonistes en plastique accessoirisé. Et ainsi, chaque média employé pourrait développer un contenu différent. De plus, chaque contenu pourrait être appréhendé de manière indépendante et serait tous des points d’entrée dans l’univers transmédiatique de l’œuvre.

Imaginez les compétences développées….:)

Je ne sais pas si je suis bien claire, ma pensée est multifocale, divergente et parfois bien emmêlée. Il me faut encore réfléchir à cette nouvelle entrée pédagogique qui entrelace par ailleurs bien des Intelligences Multiples des élèves.

Il m’apparaît soudain, en laissant courir ma pensée sur le clavier, que je procède, comme très souvent, à l’envers. Freinet, sors de ce corps…. J’aurais pu concevoir une séance bien léchée imposée pour la création du fil conducteur ou bien monter plusieurs séances autour d’un projet d’écriture collaborative avec d’autres (twitt)classes sur un thème quelconque, tiens les traites négrières par exemple, sous la forme d’un transmédia storytelling avec mes petits bonshommes.  Mais je préfère partir d’un noeud posé en contexte réel de classe, avec les élèves, pour en arriver à élaborer un questionnement encore plus complexe.

A suivre donc….

 

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